Maigrir sainement, une approche bio-psychologique

Maigrir sainement implique perdre du poids en respectant les besoins profonds de son corps et de sa psyché.

A l’origine, notre organisme et notre métabolisme fonctionnent de manière parfaite. Généralement, l’enfant est mince, puis au gré des années, certaines personnes « s’enrobent », de manière progressive ou brutale. Il est important d’explorer les raisons qui ont mené à la prise de poids sur le plan biologique et psycho-émotionnel. Puis de fournir au corps et à la psyché la possibilité de retrouver un fonctionnement sain et naturel avec les merveilleux moyens que la Nature nous offre.

1. La dimension biologique

La qualité de l'alimentation

Les aliments produits par l’industrie alimentaire sont transformés et raffinés. Ils contiennent des molécules non reconnues par l’organisme, quelles soient d’origine chimique, ou d’origine naturelle modifiées par l’homme. Ces aliments sont carencés en nutriments essentiels tels les enzymes, les vitamines, les minéraux, les acides gras essentiels, les anti-oxydants et les hormones naturelles, carences qui peuvent ralentir, voire empêcher la perte de poids. Cette alimentation « morte » entraîne des phénomènes inflammatoires et de surcharge pour les émonctoires tels le foie (grand nettoyeur de l’organisme et producteur de toutes les hormones), le pancréas (gestion des sucres et producteur d’enzymes de la digestion) et la thyroïde (gestion du métabolisme). 

 

Pour maigrir, il est essentiel de fournir des micronutriments par le biais d’une alimentation naturelle et vivante. Naturelle sous forme d’aliments frais, de saison et de culture biologique. En comparaison avec les légumes cultivés en chimie, les légumes biologiques contiennent en plus 23% de matière sèche, 18% de protéines, 28% de vitamines, 10% de calcium, 77% de fer, et en moins 97% de nitrates. Vivante, sous forme d’aliments crus, germés ou fermentés qui fournissent des enzymes d’excellente qualité. Dans l’organisme, toute réaction et toute transformation biochimique nécessite la participation des enzymes. Afin que la biodisponibilité des minéraux, vitamines et enzymes soit optimale, ces 3 éléments doivent être ingérés ensemble et seuls les aliments nous permettent cette synergie parfaite.

Dans certaines situations, le foie, le pancréas et la thyroïde pourront être soutenus ou drainés, grâce aux principes actifs de plantes choisies de manière individualisée. L’alimentation naturelle et vivante, alliée à l’augmentation de la consommation de protéines végétales, favorise l’élimination des déchets, épargne notre capital enzymatique et prévient certaines maladies. Consommer des aliments crus, germés ou fermentés avec des aliments cuits frais, de saison redonne force et vitalité. Le métabolisme est stimulé, l’organisme retrouve son fonctionnement naturel, favorisant une perte de poids « saine » et sans carence.

La qualité de la muqueuse et de la flore intestinale

L’intestin grêle et le gros intestin sont tapissés d’une infime pellicule unicellulaire de l’épaisseur d’une fraction de millimètre. Les échanges nutritifs s’effectuent en priorité dans ces deux portions du tube digestif. La muqueuse intestinale régule la quantité et la qualité de nos apports alimentaires. La flore intestinale a une fonction protectrice. Elle synthétise de nombreuses substances qui influencent notre métabolisme, comme des vitamines, en particulier du groupe B et K, et des enzymes.

 

L’altération de la muqueuse intestinale la rend trop perméable, laissant passer des molécules indésirables et l’empêchant d’absorber les micronutriments nécessaires. La flore intestinale, écosystème fragile, sera déséquilibrée, notamment par le stress, les épices fortes, l’alcool et certains médicaments.

 

Afin de pallier à cela, la Nature met à notre disposition : zinc, pro et prébiotique, kéfir, jus de myrtilles et d’airelles, glutamine, plantes telles le Ginkgo bilboa, l’Aloe Vera, la Glycyrrhiza glabra, ...

La sérotonine

importance de la sérotonine et des médiateurs chimiques dans la prise de poids et l'équilibre psychique.
schéma sérotonine

La sérotonine est un neurotransmetteur, synthétisé par certains neurones à partir d’un acide aminé, la tryptophane, qui entre en partie dans la composition des protéines alimentaires. Une femme sur quatre est carencée en sérotonine. Ce déficit provoque de l’anxiété, de l’irritabilité, de l’agressivité, émotions qui déclenchent une fausse faim, en particulier en fin de journée, suite à un stress et en période prémenstruelle. S’ensuit une forte avidité pour les aliments sucrés.

 

Un questionnaire ciblé permet de détecter le déficit en sérotonine, qui peut être régulé grâce à la consommation d’aliments riches en tryptophane ou de plantes productrices de tryptophane telles la Griffonia Simplifolia et la Gynemma sylvestris.

2. La dimension psycho-émotionnelle

La prise de poids, voire l’obésité peut être lié à divers processus d’origine émotionnelle. L’obésité survient souvent après un deuil ou un choc émotionnel important. L’excès de graisse peut représenter une forme de protection, qui m’isole de l’extérieur. Cela peut cacher une insécurité intérieure, une angoisse. Elle peut me protéger de la sexualité, suite à une situation traumatisante.

 

Une jeune femme de 20 ans a consulté afin de perdre du poids. Depuis l’apparition de ses 1ères règles à 14 ans, elle souffrait de douleurs très fortes à chaque période menstruelle, nécessitant des antalgiques puissants et un traitement hormonal. Quelques temps après, cette femme m’a confié qu’elle avait été abusée sexuellement par un membre de l’entourage. Sa souffrance psychologique s’est exprimée physiquement à travers l’utérus, symboliquement relié à la féminité et à la maternité. Afin de se protéger du désir des hommes, elle a enrobé son corps et ses formes.

 

Lorsqu'un choc émotionnel a entraîné une prise de poids, il est nécessaire de faire un travail à ce niveau si on souhaite mincir durablement. Le mécanisme de protection mis en place par l'inconscient ne va pas disparaître par le seul changement alimentaire, tant ce système de survie s'avère nécessaire. Dans un premier temps, la personne a besoin de réconfort et de soutien, non de restriction. Plusieurs méthodes permettent d'aller explorer le traumatisme qui a causé le surpoids : Guérison des blessures intérieures (GBI), hypnose, ... L'important est d'accompagner chacun dans la recherche d'un éventuel choc émotionnel qui aurait déclencher la prise de poids et de lui permettre d'apprivoiser, voire d'accepter l'événement originel. 

La conjonction et la prise en compte de ces différentes dimensions doivent permettre à la personne de retrouver son rythme métabolique et biologique naturel, ainsi qu’un bien-être psychologique. Le travail se fait petit à petit. Au niveau nutritionnel, l’accent est porté sur la qualité des aliments. Sauf nécessité, il ne s’agit pas de restreindre les calories, mais d’opérer des changements progressifs dans la manière de se nourrir : favoriser les légumes, crus et cuits, les fruits, intégrer les graines germées, riches en enzymes et protéines, les céréales complètes, les acides gras mono et poly-insaturés sous forme d’huiles pressées à froid, limiter les viandes rouges et les graisses saturées en les remplaçant par une source de protéines végétales.

 

Apprendre à préparer ces aliments d’une manière différente, ludique et créative, marier les couleurs, inviter les légumes anciens dans son assiette, confectionner des cocktails de jus de fruits et de légumes délicieux. S’offrir ces instants de repas dans une ambiance décontractée, joyeuse ou méditative. Prendre le temps de déguster, de sentir, de partager.

 

Le bien-être physique induit par cette alimentation vivante et naturelle améliore la qualité de vie, le mieux-être et la vitalité. Le corps et l'esprit s'allègent, deviennent plus libres et souples.

 

A expérimenter !

 

Françoise Raso-Aeschimann

 

                                                                                                                        Article paru dans la revue Recto-Verseau mai 2011